Retour sur la journée organisée par Opco EP, Mlab/DRM et le Cercle de l'innovation - Université Paris Dauphine - PSL du 3 février 2022

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La journée « Lieux de travail : attachements et apprentissages », organisée par Opco EP, l’équipe M-Lab de Dauphine Recherches en Management et le Cercle d’Innovation - Université Paris Dauphine - PSL, a traité de la façon dont le travail, et les lieux de travail, évoluent et se renouvellent comme générateurs d’attachements et d’apprentissages.

Il peut sembler banal d’affirmer que les lieux de travail sont des lieux d’attachements et d’apprentissages : Il y a construction identitaire et acquisition de savoir-faire, on apprend le métier sur le terrain, on s’attache à ces lieux, et aux personnes qu’on y croise, avec lesquelles on travaille, précisément., Mais à la lumière des évolutions contemporaines, la question mérite d’être reposée : comment s’attache-t-on et apprend-on aujourd’hui sur des lieux de travail qui sont, ou ne sont pas, ceux d’hier, et quelles sont les perspectives pour demain ?

Les lieux de travail ont une histoire et, parfois même, ils font l’histoire : l’atelier, la manufacture, l’usine, les bureaux, le local, l’entrepôt, le magasin, l’étal, l’étude, rythment nos quotidiens en même temps qu’ils marquent une époque, et nos imaginaires. Le vestibule avec sa pointeuse, l’accueil et son « desk », le vestiaire, la cafète, la cantine, le service courrier, la salle polyvalente, le bistro d’à côté, complètent le paysage. Le langage courant intègre cette réalité physique, territorialisée : on dit « aller au travail », « ça va, au boulot ? », « monter voir le chef », « descendre aux stocks », le travail est « posté », « au guichet », « en caisse ». Certains lieux de travail sont à la fois emblématiques et loin des lieux communs : la cabine du grutier, la plateforme off-shore, le chalutier du pêcheur, l’atelier du boucher, la voiture du voyageur de commerce, la cuisine du restaurant, la salle des machines, pour n’en citer que quelques-uns.  Les lieux de travail, ne l’oublions pas, peuvent être aussi des lieux de non-attachement et de non-apprentissage, des lieux sans engagement, des lieux de violence, d’aliénation, de souffrance, des lieux de lutte, de revendication. 

Les évolutions des lieux, de leur organisation physique mais aussi du management qu’on y pratique, l’apparition de tiers-lieux de tous ordres, l’irruption du télétravail accélérée par la crise sanitaire, le retour de la problématique de la place physique du corps dans les espaces, l’évolution de la conception que l’on a de la formation professionnelle, en particulier en situation de travail, les impératifs de lutte contre les inégalités au travail, en particulier de genre, et plus généralement les débats sur la raison d’être des entreprises et la nécessité de penser à nouveau simultanément le travail, l’entreprise et l’innovation, tout cela interroge et réinvente la nature des attachements, des engagements, des fidélités, de responsabilités, des apprentissages.


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